Soumis par assosefa le lun 20/04/2020 - 21:00
Université de la Polynésie française -Unité mixte de recherche UMR 241-EIO
Résumé

Le milieu marin, généralement considéré comme le réceptacle final des pollutions, est de plus en plus exposé aux conséquences de la diversification des activités humaines et du développement de l’industrie. L’aggravation de cette situation entraîne des problèmes croissants aussi bien du point de vue écologique (impact des pollutions sur la biologie des organismes et la structure des populations) que sanitaire (impact sur la sécurité alimentaire des populations humaines). Le suivi des pollutions est ainsi devenu un sujet d’intérêt majeur. Toutefois, de nombreux contaminants sont présents à des doses très infimes et restent difficilement détectables par des approches classiques réalisées dans la colonne d’eau. De fait, depuis de nombreuses années, en milieux tempérés, des mesures indirectes, via l’utilisation d’intégrateurs biologiques, sont mises en oeuvre afin de caractériser l’exposition des communautés naturelles à certains composés, en particulier les métaux. A ce jour, aucun dispositif de ce type n’a encore été développé en zone tropicale, alors que plusieurs études ponctuelles font état de contaminations avérées. C’est dans cet objectif, que s’inscrit le présent projet. L’aire de répartition de l’espèce benthique sessile de bénitier Tridacna maxima, sa longévité et sa physiologie (espèce filtrant d’importants volumes d’eau), en font un candidat adapté pour développer ce type de démarche en Polynésie française, du fait de l’importance des stocks naturels de cette espèce.
Dans ce projet, il s’agira de mesurer les niveaux de contamination en métaux et en microplastiques dans différentes iles de Polynésie française caractérisées par des niveaux d’anthropisation variables, en utilisant le bénitier Tridacna maxima comme intégrateur biologique. Ce travail vise à évaluer dans quelle mesure, dans le contexte du changement global, les iles trés éloignées et peu anthropisées constituent toujours des sites de référence. Sur les autres sites, une cartographie détaillée des sources potentielles locales de contamination sera réalisée afin de déterminer leurs effets propres et éventuellement de proposer certaines recommandations aux populations et aux autorités de gestion. Ce travail permettra aussi d’évaluer 1) l’éventuel effet de ces contaminants sur le bénitier, et 2) l’innocuité de la consommation de bénitiers, ressource vivrière importante pour les habitants des iles éloignées.
Enfin, il s’agira de comprendre les mécanismes de transfert des métaux et des microplastiques dans la chaine alimentaire via les macrofiltreurs. Ainsi, en parallèle des campagnes de mesures in situ, des expérimentations en laboratoire seront réalisées afin de mieux caractériser le fonctionnement écophysiologique du bénitier et les cinétiques de contamination/décontamination.

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